Vendredi 24 novembre, suite au gonflement subit de mes mollets, nous avons procédé à un contrôle à la maternité. RAS, tout allait bien. Au niveau du col : rien, toujours ouvert à 1 doigt, mais encore long, aucune contractions en vue... la sage-femme me précise même que si on voulait déclencher, ça ne prendrait pas sur un col comme ça.
Nous qui attendions bébé depuis déjà 2 semaines, ce fût encore une déception : ça n'était décidemment pas pour maintenant.
Samedi : journée "normale", RAS, pas de contractions... rien de particulier.
Papy et Mamie devant s'absenter pour le concert de l'H.B. (l'Harmonie Briarde pour les novices, harmonie où Papy est clarinettiste depuis 25 ans), Mamie nous appelle vers 19h30 pour demander si tout va bien. A mon grand désespoir, OUI ! tout va bien.
20h : ah, tiens, une contraction. Bof... je n’en tiens même pas compte.
20h10 : ah, encore une... pffff... encore de faux espoirs...
20h20 : encore une... je vais faire pipi... aaaahhh ???? Des pertes inhabituelles...
20h30 : encore une contraction...
20h40... une de plus... et pertes inhabituelles.
Là, honnêtement, je me dis que si ça n'est pas un début de travail, c'est qu'on m'a jeté un mauvais sort !
Le temps passe, avec mon incertitude : contractions toutes les 10 minutes, à chaque visite aux toilettes, de nouvelles pertes...
Bon, je me dis que de toute façon, bébé ne va pas arriver en 2 heures de temps, donc je vise l'horloge pour essayer d'appeler Mamie pendant l'entracte du concert.
22h30 : appel sur le portable des grands-parents -> répondeur... youpi, ça commence bien...
Je sais que Stéphanie (ma soeur) devait se rendre aussi au concert, je prie qu'il n'y ai pas eu changement de programme, mais si elle est bien là, je sais qu'elle regardera son portable. J'appelle : répondeur, je laisse le message.
Dans un ultime espoir, je laisse un message à Papy et Mamie, chez eux (ridicule, je sais mais bon...)
Stéphanie me rappelle moins de 5 minutes après. Ouf !!! Merci, merci, merci !!!!
Voilà Mamie qui débarque à la maison. Sur le coup, je pensais qu'elle resterait à la maison, ce qui aurait permis aux enfants de ne pas être réveillés, mais bon, c'en fût autrement. Nous voilà donc, réveillant les enfants. Je m'attendais à ce que ce soit difficile pour Bastien (le plus angoissé par ce qui se passait pendant cette grossesse, pour moi et bébé), et ça n'a pas raté : peur panique dans ses yeux, pleurs, il s'accroche à moi, je tente de le rassurer tant bien que mal, mais il faut faire vite.... je déteste ce moment.
Nous voilà tous partis chacun de notre côté, les poussins chez mamie pour terminer la nuit, et Olivier et moi vers la maternité.
Arrivés devant la porte, il est noté : "sonnez, le gardien viendra ouvrir"... nous l'attendons encore, ce gardien.
Dommage, nous qui avions garé la voiture juste devant la porte, il nous faudra descendre derrière pour passer par les urgences.
Pendant cette marche, je sens que ça coule... je m'arrête, je redémarre doucement, mais non, décidemment, y'a une fuite.
Arrivée auprès de la sage-femme, on m'examine : ouvert à 3 doigts, mais col encore un peu long et bébé placé haut.
Pas de stress : j'ai accouché rapidement pour les 3 premiers, je suis certaines que tout va se décanter d'un seul coup en peu de temps.
Sauf que.... contractions de plus en plus douloureuses, toutes les 3 minutes, mes jambes tremblent, je prie pour la péridurale.
Mais non, toujours à 3, bébé toujours haut, à ce stade, la péri risque de bloquer le travail.
Petite piqûre pour calmer les douleurs. Ouf... je me dis que de me détendre, ça va faire avancer le travail plus vite.
On me place dans ma chambre en attendant : il faut que j'appelle quand les contractions reviennent. Là, le temps est suspendu : aucune idée de l'heure (pas de montre, et Olivier est reparti patienter à la maison), mais en tout cas... c'est long !!!!
Les contractions redeviennent insupportables, j'appelle : le col n'a toujours pas bougé et bébé est toujours aussi haut. On me donne 2 suppos à mettre simultanément. Rien n'y fait les douleurs s'intensifient, se rapprochent... j'essaie de gérer (on m'a demandé de patienter et en fille bien élevée, je m'exécute), et j'attend.
ça fait très, très mal... Olivier me manque.
J'en peux plus, j'appelle, et là... une sage-femme tente de vérifier le col (c'est tellement douloureux que je me tords dans tous les sens... la pauvre : pas facile de bosser avec une douillette pareil).
Elle m'annonce calmement : "bon, vous êtes à 6-7, et la poche bombe, il va falloir descendre, parce que pour un 4ème, à ce stade, on risque de vous accoucher dans la chambre".
Ancrée dans ma détresse, je la remercie néanmoins chaleureusement de cette bonne nouvelle.
Bon, en attendant, ça ne change rien : je douille.
j'arrive en salle d'accouchement, et là, je me rends compte que c'est panique à bord : le service s'est rempli en peu de temps. Pleine lune oblige, toutes les salles sont pleines : je suis arrivée à temps pour ne pas accoucher dans le couloir.
On m'installe, et on me dis qu'on n'aura peut-être pas le temps pour la péri... mais non, non, il me la faut, je souffre trop.
On m'ausculte : bof, bof... certes je suis très avancée au niveau du col, mais il en reste encore et bébé est toujours très haut. Finalement, on me pose la péridurale : je crois au soulagement.
L'anesthésiste comprend ma douleur et mon désarroi, et me met d'office une forte dose.
Honnêtement, même si la douleur au niveau du ventre s'estompe réellement, une horrible douleur mal placée s'amplifie et je ne gère plus rien du tout, c'est vraiment atroce.
Ah ! J’oubliais de dire qu'il était 8h du matin quand on m'a descendue. Elles ont appelé Olivier rapidement en annonçant une naissance imminente... ziou ! ni une, ni deux, il est là !
Bon, le temps semble durer encore et encore, et ces douleurs sont le seul rythme que je connaisse. L'anesthésiste repasse, étonné du fait que la douleur reste forte. Olivier l'observe : il le voit repousser l'aiguille pour une sacrée dose (2h d'un coup, me dit Olivier... mais je comprends pas ce que ça veut dire...). L'anesthésiste redresse le lit pour me mettre plus assise pour faire descendre le produit : rien n'y fait. J'ai bien la jambe droite toute molle, la peau des hanches et des cuisses complètement insensibilisée, mais la douleur "intérieure" est là, et je continue également d'avoir mal quand les sages-femmes examinent le col.
Ouvert à 9, avec un col qui persiste sur les bords et un bébé qui est toujours trop haut. Mais je sens que ça pousse, et bientôt, je ne pourrais plus retenir.
La nouvelle sage-femme (changement d'équipe oblige) me dit de suivre quand ça pousse. Elle m'explique que malheureusement, vu la situation, je n'ai pas le choix, il faut pousser un bébé haut sur un col encore présent. Mais, il le faut... pas le choix.
Et évidemment, le moment le plus difficile arrive, il faut pousser pour de bon. Un mal de chien, les douleurs ne font qu'empirer, et la sage-femme ne comprend pas que la péri ne fonctionne pas vu les deux grosses doses que j'ai eu en peu de temps.
Mais enfin... j'arrive à pousser la tête de poussin hors de moi (Olivier avait déjà vu sa "touffe" de cheveux quelques secondes avant), mais pour les épaules je ne peux plus... je n'y arrive plus. La sage-femme est obligée d'aller le chercher (il est un peu bleu, notre poussin).
En fait, dixit Olivier, l'expulsion en elle-même n'a duré que 5 mns maximum, mais ça m'a paru bien plus long.
Mais il était là, mon petit bonhomme, tout cool, tout beau. On ne me la laissé que quelques secondes. C'est vrai qu'il est un peu bleu, mais il pleure, donc il va bien.
Entre temps, deux autres femmes ont débarqué pour accoucher, il faut vite vider la salle. Sauf que le placenta ne sort pas comme d'habitude. Il semble accroché, et c'est encore un long moment d'attente. Pour les 3 autres, ça avait duré 3 minutes à tout casser, mais là, ça ne sort pas. Je n'ai pas le droit de pousser, et la sage-femme doit s'occuper des autres femmes (dont une qui est à dilatation complète et qui poussera quelques secondes plus tard). Elle laisse Olivier près de moi en attendant que ce fichu placenta se décide à se décoller.
Quand elle revient, toujours rien. Elle appuie fortement et à plusieurs reprises (ouïe, oüïe..) et la position me gêne toujours beaucoup à cause des douleurs persistantes.
La péridurale ? je n'y pense même plus, quelque chose n'a pas fonctionné malgré la présence et la réactivité de l'anesthésiste. Les doses continuent d'être livrées régulièrement, et pourtant, je sens tout.
Quand la délivrance arrive enfin, il faut recoudre une légère déchirure superficielle : je n'ai jamais rien senti pour les autres, mais là, je sens bien l'aiguille (tel un vaccin) me piquer 4 fois (2 fois de chaque côté).
C'est fini.
On nous ramène notre merveille : comme il est beau et comme il est calme ! son teint est joliment coloré. Pas aussi mat que celui de Lucie à la naissance, mais tout de même, une belle couleur. Ses cheveux sont nombreux, noirs et soyeux... il frisotte un peu.
Olivier et moi sommes tellement heureux de le voir, tellement fiers : décidemment, nous avons une chance inouïe !
Par la suite : il faut vider la salle rapidement : une nouvelle femme annonce son arrivée. Ma salle est déjà récupérée par une autre femme (je reste dans le couloir avec Adrien, Olivier en profite pour passer les premiers coups de fil), et toutes les autres salles sont pleines.
On apprendra plus tard que ce dimanche, il y a eu 14 naissances !
Et il paraît que tous les autres services étaient pleins également. Beaucoup de médecins ont été rappelés, et les différentes infirmières/sages-femmes ont dû multiplier leurs tâches : Pleine lune !!
Mon petit bonhomme est là. La douleur, déjà "oubliée"... il est si beau, si craquant !
Une des sages-femmes que je verrais plus tard m'expliquera que pour avoir ce type de douleur malgré une bonne péridurale, c'est que bébé était mal positionné. Elle m'a félicité d'avoir pu éviter la césarienne…

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2. Jessie Le 25/01/2009 à 10:17
1. Lydie Le 11/12/2007 à 18:14